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« Le sexe est l'élément unificateur social » Selon un PSYCHOLOGUE

Posté par: SENEGALSANTE.COM| Jeudi 06 septembre, 2012 03:31  | Consulté 3289 fois  |  1 Réactions  |   

Un esprit saint dans un corps saint, dit- on. De la tête (coiffure) au pied (pédicure), bref les soins esthétiques de manière générale en passant par les soins de remise en forme, le corps n'a jamais été aussi bien entretenu, voire même peaufiné. Dans cet entretien, le professeur Serigne Lahbib Ndiaye, psychologue-conseil, revient sur les formes et beautés du corps de la femme telles que les perçoivent nos sociétés africaines.

Read MoreQuelle explication peut-on donner au penchant que le négro-africain a pour les femmes « fortes » ?

Pr Serigne lahbib NDIAYE. La perception de la beauté du corps de l'individu dépend des cultures. Donc, par opposition à la culture occidentale où les canaux de beauté sont les femmes sveltes, minces et élancées, nous en Afrique, on a toujours aimé, pour la plupart, des femmes « fortes ». Parce que le corps est le symbole, pratiquement le réceptacle de l'aisance psychologique et matérielle.

 

Par exemple, au Sénégal, lorsqu'une femme est nouvellement mariée, au bout de quelques temps, on s'attend à ce qu'elle grossisse. Et c'est un facteur qui peut expliquer la stabilité ou l'instabilité psychologique de la femme dans le ménage. On dit en wolof « ki nji gui kéyy topato » (on prend soin d'elle) ,« ki séyy bi djik nako » (son ménage lui porte bonheur) ou « ki séyy bi djiguou ko » ( son ménage ne lui porte pas de chance).

 

Ensuite, généralement, à coté de chez nous, certaines ethnies pratiquent le culte du poids chez la femme, par exemple le « mbélékh » chez les maures. C'est une pratique qui vise à gaver la femme pour qu'elle ait un certain volume. En ce qui concerne l'aspect sexuel de la chose , les hommes sont plutôt attirés par les femmes pleines et aux postérieurs ronds. L'esprit dominant dit à titre d'exemple, « amm biir , amm taat ».

 

Chez nous, la femme mariée, svelte et mince, est le signe, dans la mentalité de nos sociétés, qu'elle ne jouit pas encore de tout ce qui est bonheur et stabilité dans le mariage. Alors après deux à trois maternités ; on a tendance à voir la femme prendre du volume et du poids. C'est normal. Et là on commence à apprécier.

 

D'ailleurs, on catégorise les femmes en termes de « diek », « diongoma », « drianké » ; « diank » . C'est des notions qui renvoient à certains types de femmes. C'est pourquoi, cette conception de la femme mince et svelte a du mal à passer, mais certaines jeunes filles, de plus en plus, préfèrent ressembler aux top models d'où les tenues prés du corps, serrées etc.. .

Les filles ne veulent pas grossir mais cela ne concerne que des jeunes filles qui ne sont pas encore en âge de se marier ou qui ne sont pas encore dans le choix de formes de corps qui correspond à l'homme qui voudrait les avoir comme épouse.

 

Quelle est l'influence de la modernité dans l'évolution des critères de beauté ?

L'influence extérieure essaie de nous donner des models mais c'est des models propres à eux, à leur environnement, à leur culture, à l'histoire de leur peuple. Pour certains on peut être fasciné, de certaines formes de beauté de ces top models. Mais aussi, de temps à autre, certaines femmes veulent se mettre dans ces situations mais ont peur de ne pas être en adéquation avec les exigences culturelles de chez nous.

 

C'est la raison pour laquelle, une autre perception de la beauté du corps de la femme obéit à une photographie qu'on a de cette femme qui est « forte ». Si vous vous rappelez, le chanteur ivoirien Meiway, a fait un tube à l'intention des seins des femmes.

Il rendait hommage à ces femmes qui avaient des poitrines bombées et qui les ont perdu au fil des maternités. Si vous voyez les statuettes, les sculptures et les tableaux de nos artistes, toujours c'est la mise en valeur de la poitrine et des postérieurs.

 

Ce n'est pas non plus seulement une beauté du point de vue esthétique, mais c'est un ensemble, la beauté de la forme du corps. Les femmes ont aussi leur propre perception du corps des hommes. Elles ont aussi leurs canaux de beauté chez un homme. Quand on est une jeune fille, on voudrait avoir son petit « thiof », mais plus on grandit, on veut avoir son « kilifa ».

Et c'est l'emploi des termes comme « petit papa », « papa », « papa chéri », « bébé ». Ces concepts renvoient à certaines catégories d'hommes. Les bébés à entretenir,à chérir,à « caniner », alors que si vous entrez dans le concept de papa, c'est quelque chose qui a de l'ascendance, l'acceptation qu'on aimerait être chéri comme un papa à son enfant.

 

Professeur, les tenues vestimentaires par lesquelles le corps de la femme est du domaine public contribuent-elles à raviver le fantasme des hommes ?

La mode est un facteur très important dans la formation d'opinions de masses. La création, la mode, obéissent à des logiques d'une certaine demande, mais aussi de la satisfaction d'un certain nombre d'individus bien déterminés Les adolescentes et les jeunes filles aiment se mettrent en valeur.

 

C'est pourquoi elles s'habillent sexy pour mettre en valeur leur corps, leurs rondeurs ?

Dés fois, l'on peut se poser des questions de décence par rapport à ce qu'elles portent, alors que pour elles, cela ne les intéresse pas tellement pourvu seulement que leurs habits mettent en valeur les formes de leur corps. Evidemment, c'est une manière de se valoriser. Cela n'a rien à voir avec une perversité quelconque.

Les hommes aussi rasent leurs moustaches ou barbes et font leurs « o » comme ils le veulent. Ils se coiffent très bien pour montrer la beauté de leur tête. De la même manière, certaines femmes montrent la beauté de leur corps simplement pour montrer qu'elles sont en phase avec la perception que les individus ont de belles femmes.

C'est seulement les excès qui dérangent. A part cela, il y a tout un rituel composé de port de bijoux, de pagnes, de sous pagnes, de « bine bines » etc.. Ce qui était caché est maintenant du domaine du public, mais au fond, qui s'en plaint ? Cela fait partie d'une certaine sexualité que tout le monde partage.

 

Justement, Professeur, quel impact cela peut- il avoir dans l'imaginaire ou dans la réalité ?

Les jeunes ont une certaine manière d'apprécier surtout quand ils voient cela. Ils sont contents. Cela les permet de rêver. Et d'ailleurs, certains hommes, à la vue de cela, ont des exigences vis-à-vis de leur partenaire, pour qu'elle se conforme à ce qu'ils ont vu. C'est une fausse pudeur que de dire que les femmes ne doivent pas s'habiller sexy alors qu'on l'exige de sa partenaire.

 

Cela ne veut pas dire que ceci a un certain effet sur le comportement des hommes et sur la sexualité des autres. Généralement, on remarque que pour toutes ces modes qui sortent, il y'a un effet de masse. Par exemple les « bines bines », grandes et petites en portent. Parce qu'il y'a une certaine volonté des femmes de se mettrent en valeur mais aussi une certaine attente des hommes que ces femmes puissent être en phase avec eux ce qu'ils attendent. Les époques ont changé.

Avant, il n'y avait pas tout ce développement, toute cette production de masse. Donc vous voyez, les hommes sont si friands des tenues sexy. Ils aiment et ne détournent pas le regard. Ils ont du plaisir et ils ne font rien pour décourager cela à part quelques serments de religieux conservateurs qui ont une autre compréhension. Et d'ailleurs, c'est la sexualité qui est au cour de la relation homme et femme.

 

C'est donc de la fausse pudeur. Professeur, la fréquentation des centres de soins esthétiques et de soins du corps n'est plus seulement l'affaire des femmes de nos jours.

 

Les hommes aussi les fréquentent. Est- ce à dire que le culte du corps s'installe dans nos sociétés urbaines ?

C'est qu'en fait, la société a évolué. La santé générale de l'individu a évolué. On ne peut plus se permettre de faire comme avant. Surtout que les produits et soins de beauté sont à profusion, à moindre coût et accessibles à tous. Un deuxième facteur est que l'individu a une certaine perception de soi, qui est conforme à ses exigences par rapport à lui même . On aime son corps.

Et c'est la raison pour laquelle, on recourt à tout ce qui peut permettre de peaufiner les parties du corps. Sans que cela ne débouche nécessairement sur une certaine forme d'homosexualité ou de lesbianisme.

 

C'est simplement une question de santé du corps. Par exemple, pour la coiffure, les femmes se tressent parce que cela les rend belles d'abord pour elles mêmes et ensuite, pour les autres. La pédicure, la manucure sont des soins de santé esthétiques qui débouchent sur la beauté. Cela soigne et rend beau aussi. Chez les hommes, c'est la même chose .Avant, c'était les massa traditionnels que l'épouse faisait à son mari. On n'a plus ces femmes là. Peut -être qu'elles n'ont plus la force physique de ces femmes là .

 

Mais recourir à un massage, c'est simplement et seulement, recourir à des soins de qualité. Et c'est une sublimation de soi. C'est la dérive qui est condamnable ; c'est-à-dire le fait de vouloir imiter certaines pratiques lesbiennes ou homosexuelles. D'ailleurs de nos jours, après certaines maladies, la recommandation est de recourir aux soins de massage.

Comme on dit, dans toute activité, la perversité vient du détournement d'objectif. Simplement. Si vous allez en Asie ou en Europe, ils font leurs soins du corps tels que le « hamma », la « sauna », les bains publics turcs ; mais ils n'ont rien dans la tête. Ils le font parce qu'ils se soignent et après ils s'en vont. C'est bien pour le corps et pour l'esprit.

 

Professeur, quels conseils donnerez-vous aux femmes dans la prise en charge physique et psychologique de leur corps ?

D'abord la prise de conscience et la nécessité de prendre soin de toutes les parties du corps sinon plus que les hommes. Simplement, parce que du point de vue physiologique, tous les changements qui interviennent chez elles (règles, maternités grossesses) ne se passent pas chez l'homme.

Tout cela modifie le corps du fait qu'elles ont toujours envie d'avoir des techniques qui leur permettent de retrouver leurs formes antérieures.

 

 Source : Africanglobalnews.info

Article sur senegalsante.com : http://senegalsante.com/dossiers/sexualite/le-sexe-est-lelement-unificateur-social-selon-un-psychologue.html

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Commentaires: (1)
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Anonyme En Septembre, 2012 (01:39 AM) 0 FansN°:1
Quel soulagement de vous lire , je commençais à me demander si ce site n'est pas piraté par des sectes islamistes qui cherchent à instaurer un standard vestimentaire !
Danger psychologiques, culturelles et financiéres ( beaucoup de taileurs et artistes de la "beauté " seraient de la mode en faillite , et de l'argents qui va aller dans des pays où leurs modéles son fabriqués) !

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